MACDONALD WAREHOUSE

SCHOOL, COLLEGE, SPORT CENTRE AND STREET CLEANSING SERVICES CALL CENTRE / PARIS

concours : 2009
surface :XXXX m² SHON
montant : 34 M€ HT

responsable projet : Fabienne Louyot
maître d’ouvrage : Ville de Paris
architecte associé : tetrarc et AIR
collaborateurs : Fabienne Louyot
b.e.t  structure : Khephren
b.e.t  fluide, thermique et environnemental : INEX et ALTO
économiste : Economie 95

Au premier abord, le projet peut-être perçu comme la synthèse architecturale de deux paradoxes. Le premier, historique, est la capture en 1795 de la flotte hollandaise par… une cavalerie, celle du Maréchal Macdonald. Le second, fonctionnel, est la désuétude du grand centre de transbordement et de stockage des marchandises des années 1970 qui permet de disposer, au début du XXIe siècle, d’un support de reconquête urbaine de la taille de l’île Saint-Louis. Ainsi, sur le boulevard qui rend hommage au maréchal et sur l’ancienne galette de béton, se dessinera un « étrier des nuages », établissement scolaire et sportif venant achever la (re)composition des entrepôts imaginée par Floris Alkemade et Rem Koolhaas.
Edifier un marqueur urbain signifiant
La création de cet élément résulte aussi de la volonté de doter ce grand paquebot purement horizontal de l’élément sommital permettant de signaler son existence dans son horizon actuel, (tels que les tours de logements de la Cité Michelet et les Grands Moulins de Paris) ou futur (tels ceux qui marqueront, par exemple, la gare d’Eole).Plus généralement, il s’agit de rendre concrète cette évolution urbaine dans le paysage de la ville en mutation (qui englobe également les ZAC Claude Bernard et du Canal et la proche banlieue) aux yeux des habitants de ce secteur mais aussi de l’ensemble des parisiens et des franciliens se déplaçant sur le périphérique, circulant dans les rues, se promenant sur les bords du canal, empruntant le réseau ferré transilien ou le tramway.

Il semble d’autant plus indispensable de considérer l’importance d’un tel « marqueur urbain », que la nouvelle structure constitue l’unique équipement public de l’ensemble du bâtiment Macdonald. À lui seul, il signalera donc l’une des opérations de reconversion d’un édifice fonctionnel les plus ambitieuses conduite en Europe, la prise en compte du nouveau paysage se constituant dans le Paris Nord-Est et enfin un repère de la mise en œuvre à grande échelle des principes du développement durable.
Concevoir un repère poétique
Pour assumer cette ambition, le bâtiment doit s’autonomiser par rapport au socle originel et au grand bloc minéral des logements que l’on a prévu d’y édifier. D’ailleurs, le projet conçu par Odile Decq marque l’achèvement de la composition du bloc et suggère ce détachement de la nouvelle extension, qui s’inscrit dans l’épure urbaine générale.
De surcroît, ce signal est porteur d’une intention : son volume blanc et épuré, rendu évanescent par la résille fine qui l’englobe, se fond dans les ciels changeants de Paris. Ce faisant, il apporte une nouvelle dimension esthétique, surprenante pour les adultes, familière pour les enfants, dimension qui le rattache dans l’inconscient collectif aux édifices et aux sites dont la poésie fonde le charme envié de la Capitale aux yeux de ses habitants et plus encore de ses millions de visiteurs.
Cet objet onirique flotte au-dessus d’un niveau végétal, véritable jardin dans le ciel implanté sur les toitures de l’école et du collège, autre rapport explicite aux fondements de l’identité parisienne, autorisé par la solidité de la structure des anciens entrepôts.
Des arbres visibles de la rue s’élèvent à partir des toitures constituées en terrasse et leurs frondaisons viennent caresser le volume « marqueur », lui donnant un envol autant qu’une assise faite de branches et de plantes entremêlées.
En dessous de ce nouvel élément du XXIe siècle, la façade latérale de l’édifice des années 1960 s’interrompt subitement, suggérant qu’il est demeuré inachevé, métaphore de la ville en perpétuelle extension ou promesse d’une connexion future possible avec d’autres programmes qui y seraient greffés. Sur son pignon, comme s’il s’agissait d’une coupe anatomique, le bâtiment rend donc clairement lisible sa structure initiale de poutres et de caissons en béton. Pour protéger cette façade des aléas climatiques les plus violents (soleil, vent, pluie), une résille brise soleil est rapportée et déployée en façade sud. Elle sert de support à des plantes, jusqu’à constituer un univers végétal accessible par un jeux d’escaliers et de coursives signifiant que le renouveau urbain est basé sur l’intégration de la nature dans l’architecture.
Sur le boulevard Macdonald, le rez-de-chaussée est marqué par une façade simple dont la géométrie verticale donne une assise au gigantesque développé horizontal de la façade qui est conservé. Pour provoquer une poétique de la perception immédiate, cette façade se plisse comme le ferait un rideau signalant les entrées des équipements (lieu d’appel, école, centre sportif, collège).
Organiser un édifice pluriel
Alors que les différents édifices « hors norme » successivement édifiés dans la capitale (la Conciergerie, Notre Dame, le Louvre, l’Opéra Garnier, la gare de l’Est, la Tour Eiffel, l’Unesco, la Tour  Maine-Montparnasse, la Très Grande Bibliothèque…), étaient des constructions neuves et mono fonctionnelles, le présent programme rassemble plusieurs équipements de nature différente à intégrer dans une structure préexistante tout en assurant le parfait fonctionnement au quotidien de chacun d’entre eux.