85 LOGEMENTS

ÎLOT JEANNE D’ARC / SAINT-NAZAIRE

consultation : 2008
livraison : 2012
surface : 6 500 m² SHON
montant : 6 M€ HT

collaborateurs : Gaia Patti , Ana Manzanares
maître d’ouvrage : Nexity
b.e.t t.c.e : I2C

THPE

Avec l’îlot Jeanne d’Arc, situé à un jet de pierre du dolmen trilithe de Saint Nazaire, il s’agissait de faire coexister sur un même terrain, libéré par l’ancienne caserne de pompiers, 85 logements, dont 40 logements locatifs aidés : faire vivre donc sur ce type d’îlot, caractéristique de l’urbanisme local hérité des destructions de la seconde guerre mondiale, davantage de population qu’à l’ordinaire. Cette opération a donc été l’occasion d’une approche de la densification de l’îlot nazairien comme réponse spécifique à l’évolution de la demande de logements et comme remède radical contre les effets nocifs de l’étalement urbain périphérique.
 
L’îlot Jeanne d’Arc a donc été un laboratoire. Un laboratoire où l’enjeu était la recherche d’une nouvelle qualité urbaine qui lie qualité d’usage et qualité d’image en concordance avec l’objectif de densification de l’îlot et l’aspiration commune et affichée à caractériser les logements.

 

Ouvrir l’îlot a donc été une décision déterminante. Une disposition à même de donner à lire l’échelle intermédiaire de l’îlot, entre l’échelle du bâtiment et celle de la ville. A même également d’autoriser un meilleur ensoleillement et une meilleure circulation de l’air, mais à même aussi de donner à lire ouvertement la hiérarchisation des espaces publics, semi-publics et privés en requalifiant l’inscription urbaine.

 

Donner forme au projet à partir d’un tramage de l’unité foncière qui associe des bandes parallèles a donc été la deuxième décision déterminante, à même d’alterner et d’imbriquer bâti et non bâti selon une forme ouverte, simple et lisible, et à même de différencier l’inscription urbaine en alternant façades continues et façades discontinues, alignement et retrait à l’alignement, vues dégagées et vues resserrées.

 

Car il résulte bien sûr de ce tramage de grandes percées visuelles selon l’axe longitudinal d’implantation des bâtiments, mais il résulte également des percées plus resserrées et plus fugitives, selon l’axe transversal, créées à la faveur de l’évidement partiel de l’assise des bâtiments et d’un travail de nivellement du profil du terrain pour gommer la préséance du stationnement de surface. Un dispositif donc qui souligne tout à la fois la fluidité visuelle entre le centre-ville et le port – nouvel axe de développement urbain de la ville et qui offre des vues plus serrées et plus stratifiées entre les bandes non bâties et jusqu’aux rues : manière d’explorer à nouveaux frais le thème nazairien de la placette commune en cœur d’îlot en la fragmentant et en l’ouvrant visuellement à la ville.

 

De ces choix d’ouverture et de tramage de l’îlot ont été inférées les modalités d’engendrement des bâtiments : alterner et imbriquer bâti et non bâti selon le tramage réservait ainsi logiquement l’implantation du bâtiment le plus haut au nord de l’îlot, à l’alignement le long de la rue Jeanne d’Arc et l’implantation des deux bâtiments les plus bas plus au sud pour limiter l’ombre portée dans l’îlot.
Elonger les bâtiments d’un bord à l’autre de la parcelle selon le tramage des bandes parallèles permettait de marquer à l’échelle de la ville la vraie grandeur de l’îlot et d’introduire de la porosité et du vide dans les gabarits définis par le prospect. Cette porosité permettant de modeler plus librement le volume des bâtiments et plus spécialement les niveaux d’attique pour démultiplier les orientations et les vues et pour conférer à chaque bâtiment un profil différencié au service de la valorisation typologique des logements tous ici dotés de terrasses ou de balcons et majoritairement traversant.

 

Diviser l’épaisseur de chaque bâtiment en deux lames verticales juxtaposées et légèrement décalées permettait parallèlement de modeler et de différencier librement chaque les deux faces d’un même bâtiment tout en soulignant l’homogénéité du principe d’engendrement formel de l’ensemble et l’homogénéité des matériaux. Il en résulte une perception tranchée des bâtiments que fait ressortir l’écale en inox qui enveloppe chaque lame verticale pour former un ruban continu qui couvre les pignons jusqu’en sous face des halls et des parkings.

 

De ce modelage se dessine un profil urbain orienté et dynamique, une silhouette facilement repérable, découpant un ciel de crêtes singulier au-dessus d’un piquetage luxuriant de balcons acidulés, marqueur d’une exploration assumée de la densité urbaine et de ses qualités.