109 LOGEMENTS

63 LOGEMENTS ET 46 LOGEMENTS ÉTUDIANTS ZAC EURONANTES GARE / NANTES

projet lauréat en 2006
livraison : 2010
montant : 7 M euros HT
surfaces : 6 200 m² SHON


responsable projet : Gaia Patti
maître d’ouvrage délégué : Nexity –George V Atlantique

architecte mandataire : Reichen et Robert & associés
architectes associés: TOA Architectes
BET structure : IBA
BET fluide : INEX
économiste : Economie 95

RT 2005

Corseté au sud-est de la gare de Nantes dans un véritable bastion d’infrastructures et de limites naturelles - le bras de la Madeleine et la petite Amazonie, le quartier Saint Donatien-Malakoff s’ouvre progressivement à la ville à la faveur du grand projet Euronantes Gare qui a prévu pour ce nouveau quartier la création de deux ponts, 1000 logements, 130.000 m2 de bureaux et le percement de deux axes structurants : le boulevard de Berlin et le mail Picasso. Un quartier donc en grande mutation dans lequel s’inscrit cette opération de 109 logements construite en deuxième rideau du mail Picasso et en rive du collège public Sophie Germain.

 

Bien que d’une échelle modeste et malgré cette position en retrait du mail, cet ensemble de logements joue son propre rôle dans la vie du quartier en offrant sa propre qualité sculpturale et sa propre clarté.

 

Repérable au loin, cette intégrité résulte d’un double choix : celui de réaliser un véritable projet en trois dimensions, à même donc de s’élancer verticalement et de libérer le sol, et le choix de donner forme au projet à partir d’un tramage de l’unité foncière qui associe des lanières parallèles étroites, à même donc de façonner plus finement le bâti et l’absence de bâti.

 

Car construire le vide et la perméabilité visuelle a été ici une priorité. Ainsi, pour laisser filtrer le vide depuis les espaces privés et les espaces extérieurs communs jusqu’au vide de l’espace public et au-delà jusqu’au paysage ligérien, la parcelle a été largement ouverte pour ne pas enclaver l’espace privé et pour multiplier les angles de vues. Accentuant la profondeur des échappées visuelles, seuils et jardins se trouvent donc mutualisés visuellement à hauteur du piéton dans le réseau des allées et des venelles qui distribuent les parcelles et les logements.

 

Pour cela, le tramage de l’unité foncière a commandé l’implantation des volumes et leur engendrement formel : l’implantation, en s’appuyant sur l’axe de la voie de desserte perpendiculaire au mail qui borde le plus grand côté la parcelle – manière de souligner l’observance des règles de frontalités urbaines définies par le maillage urbain du quartier ; et l’engendrement formel, par simple extrusion verticale de la trame.

 

De formes donc régulières et effilées, tels des dominos dressés, simplement juxtaposés et légèrement décalés en hauteur comme en profondeur, trois bâtiments de typologies similaires mais de hauteurs différentes se postent aux sommets du triangle que forme la parcelle pour dégager un vaste espace commun central et se partager le programme : dans l’angle intérieur de la parcelle, le bâtiment le plus haut réunit les logements en accession ; aux plus près des voies de chemins de fer, le bâtiment le plus bas réunit une partie des logements pour étudiants ; le long de la rue de desserte qui mène au mail, le bâtiment médian réunit la seconde partie des logements pour étudiants et au-dessus la totalité des logements locatifs aidés. Tirant ainsi le meilleur parti de l’ensoleillement et des contraintes du site, chaque entité trouve un accès indépendant et facilement identifiable : les halls locatifs et accession profitent du décalage vertical des dominos noirs pour se glisser en dessous et le hall des logements pour étudiants bénéficie d’un traitement particulier en double hauteur et visuellement traversant pour assurer la perception depuis la rue du vaste espace commun central et la mise en relation du bâtiment bas et du bâtiment médian.

 

D’un procédé simple d’implantation et d’engendrement des volumes résultent donc une volumétrie reconnaissable qu’accentuent l’opposition noir/blanc des dominos et l’évidement ponctuel des angles par des loggias superposées de couleurs vives qui intaillent un registre joyeusement colossal dans cette silhouette en tout point contrastée.